{"id":2071,"date":"2024-01-11T10:42:46","date_gmt":"2024-01-11T10:42:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/?p=2071"},"modified":"2024-01-13T11:08:38","modified_gmt":"2024-01-13T11:08:38","slug":"a-sociologia-elementar-de-gabriel-tarde-1894","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/2024\/01\/11\/a-sociologia-elementar-de-gabriel-tarde-1894\/","title":{"rendered":"A sociologia elementar de Gabriel Tarde (1894)"},"content":{"rendered":"<p><strong>ATOS e GRUPOS (agentes, seres) SOCIAIS ELEMENTARES<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Cette recherche est double comme toute recherche scientifique. II s&#8217;agit toujours d&#8217;\u00e9tudier les ph\u00e9nom\u00e8nes ou les \u00eatres, et, pour cela, de pr\u00e9ciser, en chaque ordre d&#8217;investigation, quel est le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9l\u00e9mentaire ou quel est l&#8217;\u00eatre \u00e9l\u00e9mentaire dont la r\u00e9p\u00e9tition et la combinaison permettent de formuler des lois. [&#8230;] Demandons-nous donc: 1<sup>o<\/sup> quel est ou plut\u00f4t quels sont les faits sociaux, les actes sociaux \u00e9l\u00e9mentaires, et quel est leur caract\u00e8re distinctif; 2<sup>o<\/sup> quel est ou quels sont les \u00eatres sociaux, c&#8217;est-\u00e0-dire \u2013 puisqu&#8217;ici <em>\u00eatre<\/em> signifie <em>groupe<\/em> \u2013 les groupes sociaux \u00e9l\u00e9mentaires. (Tarde 1894:210)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>O FATO SOCIAL ELEMENTAR \u00e9 A IMITA\u00c7\u00c3O<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>[L]e fait social \u00e9l\u00e9mentaire, c&#8217;est la communication ou la modification d&#8217;un \u00e9tat de conscience par l&#8217;action d&#8217;un \u00eatre conscient sur un autre. (Tarde 1894:211)\n<li>Le caract\u00e8re commun des actes sociaux, en effet, c&#8217;est d&#8217;\u00eatre imitatifs. (Tarde 1894:211)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>O CASO DA INVEN\u00c7\u00c3O<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Quant aux actes qui consistent en une initiative nouvelle, en une d\u00e9couverte ou invention grande ou petite, ils ne sortent de la sph\u00e8re individuelle, ils n&#8217;entrent dans le monde social qu&#8217;au fur et \u00e0 mesure qu&#8217;ils se propagent par l&#8217;exemple et tombent peu \u00e0 peu dans le domaine commun. (Tarde 1894:212)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>TARDE (neomonadologia) x DURKHEIM (ilus\u00e3o ontol\u00f3gica, Ideia plat\u00f4nica, teoria da emana\u00e7\u00e3o)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>La v\u00e9rit\u00e9 est qu&#8217;une chose sociale quelconque, un mot d&#8217;une langue, un rite d&#8217;une religion, un secret de m\u00e9tier, un proc\u00e9d\u00e9 d&#8217;art, un article de loi, une maxime de morale, se transmet et passe, non pas du <em>groupe social pris collectivement<\/em> \u00e0 l&#8217;individu, mais bien d&#8217;un individu \u2013 parent, ma\u00eetre, ami, voisin, camarade \u2013 \u00e0 un autre individu, et que, dans ce passage d&#8217;un esprit dans un autre esprit, elle se r\u00e9fracte. L&#8217;ensemble de ces r\u00e9fractions, \u00e0 partir d&#8217;une impulsion initiale due \u00e0 un inventeur, \u00e0 un d\u00e9couvreur, \u00e0 un innovateur ou modificateur quelconque, anonyme ou illustre, est toute l\u00e0 r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;une chose sociale \u00e0 un moment donn\u00e9; r\u00e9alit\u00e9 qui va changeant comme toute r\u00e9alit\u00e9, par nuances insensibles; ce qui n&#8217;emp\u00eache pas que de ces variantes individuelles ne se d\u00e9gage une r\u00e9sultante collective presque constante qui frappe tout d&#8217;abord le regard et donne lieu \u00e0 l&#8217;illusion ontologique de M. Durkheim. (Tarde 1894:213-4)\n<li>Sans la pr\u00e9occupation qui l&#8217;aveugle, notre auteur [Durkheim] verrait ce qui saute aux yeux, c&#8217;est qu&#8217;il vient de fournir une nouvelle attestation involontaire du caract\u00e8re \u00e9minemment social ou plut\u00f4t <em>socialisant<\/em> de la r\u00e9p\u00e9tition imitative. (Tarde 1894:214-5)\n<li>Il y avait, avant Champollion, force lois ou maximes \u00e9gyptiennes qui n&#8217;\u00e9taient plus pratiqu\u00e9es ni connues depuis des milliers d&#8217;ann\u00e9es, mais dont les formules \u00e9taient grav\u00e9es en caract\u00e8res hi\u00e9roglyphiques au fond de tombeaux gard\u00e9s par des sphinx. Je voudrais bien savoir si cela suffisait \u00e0 leur faire une existence r\u00e9elle et \u00e0 les \u00e9lever au rang de ces faits sociaux transcendants que M. Durkheim \u00e9rige au rang des Id\u00e9es ressuscit\u00e9es de Platon. (Tarde 1894:215-6)\n<li>M. Durkheim semble graviter vers quelque th\u00e9orie de l&#8217;\u00e9manation. Pour lui, je le r\u00e9p\u00e8te, les faits individuels que nous appelons sociaux ne sont pas les \u00e9l\u00e9ments du fait social, ils n&#8217;en sont que la manifestation. Quant au fait social, il est, lui, le mod\u00e8le sup\u00e9rieur, l&#8217;Id\u00e9e platonicienne, le mod\u00e8le&#8230; (Tarde 1894:216)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>O FATO DA ASSOCIA\u00c7\u00c3O (coisas sociais como ondas)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Si l&#8217;on peut dire que ces choses sociales sont ind\u00e9pendantes de chacun des associ\u00e9s, en ce sens que, lui disparaissant, elles ne dispara\u00eetraient pas, n&#8217;est-ce pas tout simplement parce que, \u00e0 d\u00e9faut de lui, elles ont pour r\u00e9alit\u00e9 leur pr\u00e9sence <em>dans<\/em> la conscience ou la m\u00e9moire de tous les autres associ\u00e9s? Je dis <em>dans<\/em>, car elles sont int\u00e9rieures et nullement ext\u00e9rieures \u00e0 ceux-ci; et, si elles commencent par \u00eatre ext\u00e9rieures \u00e0 chaque nouveau venu qui ne fait pas encore partie de l&#8217;association, elles entrent r\u00e9ellement en lui \u00e0 mesure qu&#8217;il s&#8217;y incorpore et finissent par \u00eatre ce qu&#8217;il a de plus intime, de plus propre, de plus cher. Il en est de la <em>chose sociale<\/em>, qui s&#8217;entretient et se perp\u00e9tue par les consciences individuelles au travers desquelles elle \u00e9volue, comme de la vague de la mer qui traverse d&#8217;innombrables mol\u00e9cules et a l&#8217;air de les animer en vivant de leur force. (Tarde 1894:220)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>CONHECEMOS NOSSA CONSCI\u00caNCIA POR DENTRO (aqui o problema que Tarde compartilha com Weber)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Ici, en sociologie, nous avons, par un privil\u00e8ge singulier, la connaissance intime de l&#8217;\u00e9l\u00e9ment, qui est notre conscience individuelle, aussi bien que du compos\u00e9, qui est l&#8217;assembl\u00e9e des consciences [&#8230;]. Or, dans ce cas, nous constatons clairement que, l&#8217;individuel \u00e9cart\u00e9, le social n&#8217;est rien, et qu&#8217;il n&#8217;y a rien, absolument rien, dans la soci\u00e9t\u00e9, qui n&#8217;existe, \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de morcellement et de r\u00e9p\u00e9tition continuelle, dans les individus vivants, ou qui n&#8217;ait exist\u00e9 dans les morts dont ceux-ci proc\u00e8dent. (Tarde 1894:222)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>PONTO DE VISTA SOCIOL\u00d3GICO UNIVERSAL (antropoc\u00eantrico)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Je dis que c&#8217;est un privil\u00e8ge singulier, car partout ailleurs nous ignorons compl\u00e8tement ce qu&#8217;il y a<br \/>\nau <em>for int\u00e9rieur<\/em> de l&#8217;\u00e9l\u00e9ment. Qu&#8217;y a-t-il au fin fond de la mol\u00e9cule chimique, de la cellule vivante? Nous ne le savons pas. Comment donc, l&#8217;ignorant, pouvons-nous affirmer que, lorsque ces \u00eatres myst\u00e9rieux se rencontrent d&#8217;une certaine fa\u00e7on, elle-m\u00eame inconnue, et font appara\u00eetre \u00e0 nos yeux des ph\u00e9nom\u00e8nes nouveaux, un organisme, un cerveau, une conscience, il y a eu, \u00e0 chaque apparition, cr\u00e9ation <em>ex nihilo<\/em> de ce qui nagu\u00e8re n&#8217;\u00e9tait pas, m\u00eame en germe? N&#8217;est-il pas probable que, si nous connaissions dans leur intimit\u00e9 ces cellules, ces mol\u00e9cules, ces atomes, ces <em>inconnues<\/em> du grand probl\u00e8me si souvent prises pour des <em>donn\u00e9es<\/em>, nous trouverions toute simple la mise en dehors des ph\u00e9nom\u00e8nes cr\u00e9\u00e9s en apparence par leur mise en rapport, et qui, \u00e0 pr\u00e9sent, nous \u00e9merveillent? (Tarde 1894:222-3)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>A EXPLICA\u00c7\u00c3O &#8220;COMPLETA&#8221; DO CONJUNTO EST\u00c1 NO ELEMENTO<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Ainsi, dans le seul cas o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments nous soient connus, nous observons qu&#8217;ils portent en eux l&#8217;explication compl\u00e8te et la compl\u00e8te existence de leur compos\u00e9. Que faut-il en conclure? C&#8217;est que [&#8230;] nous devons, dans tous les autres cas, inf\u00e9rer qu&#8217;il en est de m\u00eame. Et si j&#8217;osais, moi aussi, pousser \u00e0 bout cette id\u00e9e, si je m&#8217;aventurais \u00e0 indiquer la refonte possible de la science universelle sous l&#8217;inspiration de la sociologie, peut-\u00eatre serais-je conduit \u00e0 mon tour dans des arcanes telles que la r\u00e9gion leibnitzienne des monades, o\u00f9, par tant d&#8217;avenues, de nos jours, semble converger la pens\u00e9e chercheuse. Peut-\u00eatre alors serais-je amen\u00e9 \u00e0 dire qu&#8217;entre la fantasmagorie ontologique de M. Durkheim et notre hypoth\u00e8se n\u00e9o-monadologique, il faut choisir (Tarde 1894:223)\n<li>Le milieu, c&#8217;est la n\u00e9buleuse qui, de pr\u00e8s, se r\u00e9sout en \u00e9toiles distinctes, de tr\u00e8s in\u00e9gale grandeur. J&#8217;aper\u00e7ois bien des individus qui mutuellement s&#8217;influencent ou dont les uns se mod\u00e8lent sur les autres; nulle part, je ne les vois nager ensemble dans cette sorte d&#8217;atmosph\u00e8re subtile et imaginaire qu&#8217;on appelle ainsi [le milieu], et qui, comme l&#8217;\u00e9ther en physique, mais avec beaucoup moins de raison, serait le <em>factotum<\/em> en sociologie. (Tarde 1894:227)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>SIMPATIA NATURAL, TEND\u00caNCIA \u00c0 ASSOCIA\u00c7\u00c3O<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>N&#8217;est-il pas visible aussi, dans ces g\u00e9n\u00e9rations spontan\u00e9es d&#8217;Etats neufs, qu&#8217;un fond de sympathie naturelle, de tendance \u00e0 l&#8217;association, en d\u00e9pit des passions \u00e9go\u00efstes d\u00e9cha\u00een\u00e9es, [&#8230;] pr\u00e9side \u00e0 leur naissance? (Tarde 1894:225)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>O GRUPO SOCIAL ELEMENTAR \u00c9 O GRUPO DOM\u00c9STICO MATRIARCAL (matriz de solidariedade que se ampliar\u00e1 cada vez por mais grupos humanos num processo de internacionaliza\u00e7\u00e3o)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Apr\u00e8s avoir recherch\u00e9 [&#8230;] quelle est la nature du fait social \u00e9l\u00e9mentaire, demandons-nous quelle est celle du groupe, social \u00e9l\u00e9mentaire. Ce n&#8217;est point la m\u00eame chose. Tout acte social, il est vrai, &#8211; parler, professer un ob\u00e9ir, danser, chanter, etc. &#8211; implique un rapport imitatif entre des hommes; les uns mod\u00e8les, l\u00e9s autres tous copistes, ou tous copistes mais rattach\u00e9s \u00e0 un antique mod\u00e8le commun. Il y a un lien social, en ce sens, entre tous ceux qui parlent la m\u00eame langue, qui font le m\u00eame m\u00e9tier, qui pratiquent la m\u00eame religion, qui commercent ensemble. Mais le groupe form\u00e9 par chacun de ces liens consid\u00e9r\u00e9 isol\u00e9ment n&#8217;a qu&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 incompl\u00e8te et abstraite; le groupe concret et vivant suppose une superposition de plusieurs de ces groupes, un faisceau de plusieurs de ces liens, comme une corde se compose de beaucoup de fils tordus et m\u00eal\u00e9s. Et cela ne suffit pas. Il faut, en outre, au d\u00e9but du moins, pour que ce groupe soit vivant et f\u00e9cond, qu&#8217;il s&#8217;ajoute \u00e0 ces diverses esp\u00e8ces d&#8217;imitations autre chose, l&#8217;action de l&#8217;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, le lien du sang vrai ou fictif, qui sert \u00e0 nouer tout le reste. Ainsi, de m\u00eame que nous avons du d\u00e9finir le fait social en termes essentiellement psychologiques, nous sommes forc\u00e9s maintenant de d\u00e9finir le groupe social en termes \u00e0 la fois psychologiques et physiologiques, qui mettent \u00e0 nu ses racines profondes dans l&#8217;\u00e0me et dans la vie. (Tarde 1894:227-8)\n<li>Le matriarcat, remarquons-le, s&#8217;explique tr\u00e8s biencomme la suite presque in\u00e9vitable du mariage syndiasmique ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de la polyandrie. (Tarde 1894:232-3)\n<li>En somme, nous voyons partout le lien vital de la g\u00e9n\u00e9ration servir \u00e0 lier, \u00e0 serrer vigoureusement, en groupe concret, r\u00e9el, actif, le faisceau des liens sociaux. (Tarde 1894:233)\n<li>En effet, o\u00f9 les vivants, animaux ou hommes, ont-ils appris \u00e0 marcher, \u00e0 voler ensemble, \u00e0 se suivre, \u00e0 se masser, \u00e0 s&#8217;unir, si ce n&#8217;est, tout petits, en suivant leur m\u00e8re pas \u00e0 pas, en s&#8217;abritant avec leurs fr\u00e8res contre leur p\u00e8re? Ainsi est n\u00e9 l&#8217;instinct du groupement, le pechant \u00e0 embo\u00eeter le pas, \u00e0 imiter. La famille est donc le berceau de l&#8217;imitation, parce que le premier et toujours le principal mobile de l&#8217;imitation a \u00e9t\u00e9 la sympathie confiante et cr\u00e9dule qui, sans la pi\u00e9t\u00e9 filiale, sans le d\u00e9vouement maternel, sans les tendresses domestiques, ne serait pas. (Tarde 1894:235)\n<li>En un mot, le lien physiologique, qui constituait le fondement principal des petites soci\u00e9t\u00e9s domestiquesde jadis, puis des tribus, puis des cit\u00e9s antiques, est encore le fondement essentiel des grandes soci\u00e9t\u00e9s nationales d&#8217;aujourd&#8217;hui. (Tarde 1894:238)\n<li>Ce d\u00e9veloppement graduel du cercle social g\u00e9n\u00e9tique s&#8217;est accompli en m\u00eame temps que l&#8217;agrandissement du cercle professionnel. (Tarde 1894:238)\n<li>Et ce que je dis de la communaut\u00e9 de travail, je pourrais le dire aussi bien de la cohabitation sur un m\u00eame sol, ainsi que de la communion des croyances et de celle des volont\u00e9s. Toutes ces diverses causes d&#8217;agr\u00e9gation sociale existent en germe d\u00e8s l&#8217;origine et se d\u00e9veloppent harmonieusement. Seulement, les dermi\u00e8res, celles qui ont une nature toute sociale, se d\u00e9veloppent beaucoup plus vite et vont beaucoup plus loin; de telle sorte qu&#8217;il vient un moment o\u00f9, sous l&#8217;empire d&#8217;une grande autorit\u00e9 respect\u00e9e, d&#8217;une foi ou d&#8217;une aspiration commune, d&#8217;une m\u00eame civilisation, s&#8217;agr\u00e8gent ou tendent \u00e0 s&#8217;agr\u00e9ger en une sorte de vaste nation supra-nationale, telle que le monde romain, la chr\u00e9tient\u00e9 du moyen-\u00e2ge ou la f\u00e9d\u00e9ration europ\u00e9enne de demain, les peuples des races les plus diverses. Mais il ne s&#8217;agit pas ici de ce beau terme final o\u00f9 marchent ces d\u00e9veloppements sociaux d&#8217;un pas inegal quoique parall\u00e8le. Il s&#8217;ag\u00eet de leur terme initial. Or, d\u00e8s le d\u00e9but, le&#8217;fait d&#8217;habiter une m\u00eame caverne ou une m\u00eame palafitte, plus tard une m\u00eame tente, et de parcourir une m\u00eame r\u00e9gion en nomades routiniers, aux invariables p\u00e9r\u00e9grinations p\u00e9riodiques, s&#8217;est ajout\u00e9 [&#8230;] au fait d&#8217;avoir le m\u00f4me sang dans les veines, pour constituer le groupe envisag\u00e9 comme <em>patrie<\/em> (<em>patria tellus<\/em>). D\u00e8s le d\u00e9but, pareillement, nous venons de le dire, ceux qui se sont livr\u00e9s aux besognes (tisser, coudre, traire, chasser, pocher, etc.) se sont sentis rapproch\u00e9s par l\u00e0. De famille en famille, les p\u00eacheurs et les p\u00eacheurs, les chasseurs et les chasseurs, les tisseurs ou plut\u00f4t les tisseuses et les tisseuses tendaient \u00e0 former une m\u00eame <em>classe<\/em>, pendant que leurs familles tendaient \u00e0 former une m\u00eame <em>nation<\/em>. C&#8217;\u00e9tait le premier pas vers l&#8217;<em>internationalism<\/em>e aussi bien que vers la nationalisation. (Tarde 1894:239-40)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>EVOLU\u00c7\u00c3O SOCIAL<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>La v\u00e9rit\u00e9 est qu&#8217;il y a deux proc\u00e9d\u00e9s difi\u00earents, \u00e0 L&#8217;usage de l&#8217;\u00e9volution sociale, pour d\u00e9velopper la famille en soci\u00e9t\u00e9, et que ces deux proc\u00e9d\u00e9s peuvent \u00eatre r\u00e9put\u00e9s antagonistes, l&#8217;un se r\u00e9alisant aux d\u00e9pens de l&#8217;autre; mais l&#8217;un et l&#8217;autre sont issus du groupe domestique primitif. Quel que soit ce groupe, monogamique polygamique, il peut s&#8217;\u00e9tendre, soit par voie de simple accroissement et de complication int\u00e9rieure; de l\u00e0 la tribu et le clan; soit par voie de colonisation ext\u00e9rieure et de f\u00e9d\u00e9ration plus ou moins l\u00e2che ou \u00e9troite entre ses rejetons d\u00e9tach\u00e9s et diss\u00e9min\u00e9s sur un territoire d&#8217;une certaine \u00e9tude. Cette distinction rappelle celle des organismes monocellulaires, o\u00f9 l&#8217;unique cellule se grossit et se diff\u00e9rencie int\u00e9rieurement le plus qu&#8217;elle peut, et des organismes polycellulaires. En sociologie, d&#8217;ailleurs, comme en biologie, le second mode de d\u00e9veloppement est seul susceptible d&#8217;une haute ascension sur l&#8217;\u00e9chelle du progr\u00e8s. (Tarde 1894:230-1)\n<li>Dans les groupes unis par un lien sp\u00e9cial autre que la parent\u00e9, la m\u00eame cause, le besoin de commune d\u00e9fense, produit des effets analogues. Quand le professionnel est menac\u00e9 ou se croit menac\u00e9, on voit les ouvriers similaires de diverses provinces, de divers pays, former des syndicats, des congr\u00e8s internationaux, o\u00f9 l&#8217;on se traite en fr\u00e8res, o\u00f9 l&#8217;\u00e9tranger est assimil\u00e9 au national. Quand le groupe religieux est menac\u00e9, les querelles de d\u00e9tail s&#8217;oublient, et, entre dissidents, on se traite de coreligionnaires. (Tarde 1894:232)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>O EX\u00c9RCITO SE ORIGINA A PARTIR DAS FAM\u00cdLIAS<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>La bande, la horde, le r\u00e9giment, c&#8217;est l&#8217;\u00e9l\u00e9ment, non de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 proprement parler, mais seulement de la soci\u00e9t\u00e9 militante, pillarde et meurtri\u00e8re, de l&#8217;arm\u00e9e. Ce n&#8217;est point la r\u00e9p\u00e9tition, la multiplication, le groupement des bandes ou des hordes, qui produit la nation; c&#8217;est la r\u00e9p\u00e9tition, la multiplication et le groupement des familles. [&#8230;] Des familles, ou plut\u00f4t disons des <em>maisonn\u00e9es<\/em>. (Tarde 1894:234)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>PONTO DE VISTA SOCIOL\u00d3GICO UNIVERSAL EMP\u00cdRICO<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Toutes les sciences se sont donn\u00e9 rendez-vous en sociologie, quoiqu&#8217;elle ait assur\u00e9ment son domaine bien \u00e0 elle, mas nos pas un domaine en l&#8217;air, dans les brouillards de l&#8217;ontologie. (Tarde 1894:240)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>AS 4 VERS\u00d5ES DA SOCIOLOGIA (como f\u00edsica, biologia, psicologia e ideologia)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>La sociologie peut \u00eatre con\u00e7ue, et elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue tour \u00e0 tour: 1<sup>o<\/sup> comme une <em>physique<\/em> sociale (les \u00e9conomistes, Auguste Comte); 2<sup>o<\/sup> comme une biologie sociale (Spencer); 3<sup>o<\/sup> comme une psychologie sociale. Et chacune de ces conceptions a son c\u00f4t\u00e9 plausible, bien que la troisi\u00e8me seule, \u00e0 mon avis, soit aussi compr\u00e9hensive que p\u00e9n\u00e9trante. Mais la pire notion qu&#8217;on se puisse faire de notre science, c&#8217;est, je crois, de la concevoir : 4<sup>o<\/sup> comme une id\u00e9ologie sociale. (Tarde 1894:240-1)<\/ul>\n<p>.<br \/>\n<strong>CONDI\u00c7\u00d5ES PARA SER SOCI\u00d3LOGO (simpatia, curiosidade, empatia, altru\u00edsmo e esperan\u00e7a)<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>[L]a premi\u00e8re condition pour \u00eatre sociologue, c&#8217;est d&#8217;aimer la vie sociale, de sympathiser avec les hommes de toute race et de tout pays r\u00e9unis autour d&#8217;un foyer, de rechercher avec curiosit\u00e9, de d\u00e9couvrir avec bonheur ce que rec\u00e8le d&#8217;affectueux d\u00e9vouements la hutte du sauvage r\u00e9put\u00e9 le plus f\u00e9roce, parfois m\u00eame le repaire du malfaiteur; enfin, de ne jamais croire facilement \u00e0 la stupidit\u00e9, \u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 absolue de l&#8217;homme dans son pass\u00e9, ni \u00e0 sa perversit\u00e9 pr\u00e9sente, et de ne jamais d\u00e9sesp\u00e9rer de son avenir. (Tarde 1894:242)<\/ul>\n<p>.<br \/>\nTARDE, Gabriel, 1894. La sociologie \u00e9l\u00e9mentaire. <em>Annales de l&#8217;Institut International de Sociologie<\/em> I:209-43.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ATOS e GRUPOS (agentes, seres) SOCIAIS ELEMENTARES Cette recherche est double comme toute recherche scientifique. II s&#8217;agit toujours d&#8217;\u00e9tudier les ph\u00e9nom\u00e8nes ou les \u00eatres, et, pour cela, de pr\u00e9ciser, en chaque ordre d&#8217;investigation, quel est le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9l\u00e9mentaire ou quel est l&#8217;\u00eatre \u00e9l\u00e9mentaire dont la r\u00e9p\u00e9tition et la combinaison permettent de formuler des lois. 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