{"id":1495,"date":"2023-03-31T03:41:56","date_gmt":"2023-03-31T03:41:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/?page_id=1495"},"modified":"2023-03-31T03:41:56","modified_gmt":"2023-03-31T03:41:56","slug":"cobre-prata-e-mercurio-em-simondon-2005-1958","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/projetos\/a-agencia-social-dos-elementos-quimicos\/levantamentos-da-presenca-de-elementos-quimicos-em-livros\/cobre-prata-e-mercurio-em-simondon-2005-1958\/","title":{"rendered":"Cobre, prata e merc\u00fario em Simondon (2005 [1958])"},"content":{"rendered":"<p>L&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;une repr\u00e9sentation de la structure comme li\u00e9e \u00e0 la fr\u00e9quence n&#8217;est pas seulement celui d&#8217;un r\u00e9alisme plus grand, mais aussi celui d&#8217;une universalit\u00e9 beaucoup plus vaste, qui \u00e9vite de cr\u00e9er des cat\u00e9gories arbitraires de champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques (ce qui aboutit \u00e0 un substantialisme apparent assez paralysant). La continuit\u00e9 entre les diff\u00e9rentes manifestations de champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques de fr\u00e9quences vari\u00e9es est \u00e9tablie non seulement par la th\u00e9orie, mais aussi par l&#8217;exp\u00e9rience scientifique et technique. Si, comme le fait Louis de Broglie dans Ondes, Corpuscules, M\u00e9canique ondulatoire, \u00e0 la planche 1 (entre la page 16 et la page 17), on inscrit en regard d&#8217;une \u00e9chelle logarithmique des fr\u00e9quences les diff\u00e9rentes d\u00e9couvertes et exp\u00e9riences qui ont permis de mesurer une fr\u00e9quence \u00e9lectromagn\u00e9tique, on s&#8217;aper\u00e7oit que la continuit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie enti\u00e8rement entre les six domaines consid\u00e9r\u00e9s d&#8217;abord  comme distincts : les ondes hertziennes, l&#8217;infra-rouge, le spectre visible, l&#8217;ultra-violet, les rayons X et les rayons y. Pendant que les techniciens \u00e9tendaient vers les fr\u00e9quences basses le domaine des ondes d\u00e9couvertes th\u00e9oriquement par Maxwell et produites effectivement par Hertz en 1886 avec un oscillateur d\u00e9cim\u00e9trique, Righi, physicien italien de Bologne, \u00e9tablit l&#8217;existence d&#8217;ondes de 2,5 cm. Dans un ouvrage publi\u00e9 en 1897, il montre que ces ondes sont interm\u00e9diaires entre la lumi\u00e8re visible et les ondes hertziennes ; elles poss\u00e8dent tous les caract\u00e8res de la lumi\u00e8re visible. Le titre de cet ouvrage, Optique des oscillations \u00e9lectriques, est tr\u00e8s important, car il montre un effort pour unifier deux domaines jusque l\u00e0 exp\u00e9rimentalement s\u00e9par\u00e9s, bien qu&#8217;ils aient \u00e9t\u00e9 conceptuellement r\u00e9unis dans la remarquable th\u00e9orie \u00e9lectromagn\u00e9tique de la lumi\u00e8re de Maxwell: l&#8217;optique et l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9. Dans la voie ouverte par Righi, Bose et Lebedew s&#8217;engagent au moyen de l&#8217;appareil construit en 1897 par Bose pour r\u00e9p\u00e9ter les exp\u00e9riences de Hertz sur la r\u00e9fraction, la diffraction et la polarisation des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques; ces deux chercheurs arrivent \u00e0 produire des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques de 6 millim\u00e8tres. En 1923, Nickols arrive \u00e0 produire des ondes de 0,29 millim\u00e8tre. Un an apr\u00e8s, Slagolewa et Arkodeiwa atteignent 0,124 millim\u00e8tre. Or, par des m\u00e9thodes optiques, Rubens et Bayer, en 1913, avaient pu isoler et mesurer dans des radiations infrarouges une radiation de 0,343 millim\u00e8tre de longueur d&#8217;onde. D\u00e9passant la simple analogie des propri\u00e9t\u00e9s de propagation, les deux formes d&#8217;\u00e9nergie jadis isol\u00e9es comme deux genres ou tout au moins deux esp\u00e8ces se recouvraient partiellement en extension (de 0,343 \u00e0 0,124 millim\u00e8tre de longueur d&#8217;onde) et s&#8217;identifiaient en compr\u00e9hension, tant pour la gen\u00e8se que pour l&#8217;\u00e9tude de \u00ab propri\u00e9t\u00e9s \u00bb, montrant la fragilit\u00e9 de la pens\u00e9e qui proc\u00e8de par genre commun et diff\u00e9rences sp\u00e9cifiques. Le genre commun et les diff\u00e9rences sp\u00e9cifiques sont ici exactement au m\u00eame niveau d&#8217;\u00eatre: ils consistent l&#8217;un et l&#8217;autre en fr\u00e9quences. L&#8217;extension et la compr\u00e9hension se recouvrent \u00e9galement, car l&#8217;\u00e9nonc\u00e9 des limites de l&#8217;extension emploie les caract\u00e8res m\u00eames de la d\u00e9finition par compr\u00e9hension. La d\u00e9marche intellectuelle que la d\u00e9couverte progressive de la continuit\u00e9 entre les ondes hertziennes et le spectre visible manifeste n&#8217;est ni inductive ni d\u00e9ductive: elle est transductive : en effet, la lumi\u00e8re visible et les ondes hertziennes ne sont pas deux esp\u00e8ces d&#8217;un genre commun qui serait celui des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques. Aucune diff\u00e9rence sp\u00e9cifique ne peut \u00eatre indiqu\u00e9e pour permettre de passer de la d\u00e9finition des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques \u00e0 celle des ondes hertziennes ou de la lumi\u00e8re visible; il n &#8216;y a rien de plus dans la d\u00e9finition des ondes hertziennes ou de la lumi\u00e8re que dans celle des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques. L&#8217;extension et la compr\u00e9hension ne varient pas en sens inverse, comme dans l&#8217;induction. Par ailleurs, on ne peut dire non plus que cette pens\u00e9e proc\u00e8de, comme la d\u00e9duction, par \u00ab transfert d&#8217;\u00e9vidence\u00bb : les propri\u00e9t\u00e9s des radiations \u00e9lectromagn\u00e9tiques lumineuses ne sont pas d\u00e9duites \u00e0 partir de celles des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques hertziennes. Elles sont constitu\u00e9es \u00e0 partir de la mesure m\u00eame qui permet d&#8217;\u00e9tablir une distinction en m\u00eame temps qu&#8217;une continuit\u00e9: celle de la fr\u00e9quence. C&#8217;est parce que leur seule distinction est celle de la fr\u00e9quence et de son inverse la longueur d&#8217;onde que ces deux r\u00e9alit\u00e9s physiques ne sont ni identiques ni h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, mais contigu\u00ebs: cette m\u00e9thode (le transduction permet d&#8217;\u00e9tablir une topologie des \u00eatres physiques qui n&#8217;\u00e9tudie ni genres ni esp\u00e8ces. Le crit\u00e8re qui permet d&#8217;\u00e9tablir des limites pour chaque domaine permet aussi de d\u00e9finir ce qui, en langage inductif, deviendrait les sous-esp\u00e8ces, sans rajouter aucun caract\u00e8re distinctif nouveau, et simplement par une pr\u00e9cision donn\u00e9e au caract\u00e8re universel de la compr\u00e9hension ; ainsi, dans l&#8217;exemple pr\u00e9c\u00e9dent, si l&#8217;on veut rendre compte des diff\u00e9rences qui existent entre les ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques dites centim\u00e9triques et les ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques d\u00e9cam\u00e9triques, on aura recours \u00e0 ce caract\u00e8re qui permettra \u00e9galement de dire pourquoi le pouvoir s\u00e9parateur d&#8217;un microscope optique est plus grand en lumi\u00e8re violette qu&#8217;en lumi\u00e8re rouge: on montrera que la r\u00e9flexion, la r\u00e9fraction, la diffraction d&#8217;une onde \u00e9lectromagn\u00e9tique ont pour condition le rapport entre l&#8217;ordre de grandeur de la longueur d&#8217;onde et celui des \u00e9l\u00e9ments de la substance constituant le miroir, le dioptre ou le r\u00e9seau. Pour la r\u00e9flexion par exemple, la condition pour que ce ph\u00e9nom\u00e8ne se produise est que les irr\u00e9gularit\u00e9s du miroir soient petites par rapport \u00e0 la longueur d&#8217;onde \u00e9lectromagn\u00e9tique \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Le \u00abpoli optique\u00bb de <strong>l&#8217;argent<\/strong> ou du <strong>mercure<\/strong> est n\u00e9cessaire pour r\u00e9fl\u00e9chir la lumi\u00e8re violette de courte longueur d&#8217;onde. La lumi\u00e8re rouge par contre est d\u00e9j\u00e0 convenablement r\u00e9fl\u00e9chie par une surface m\u00e9tallique plus grossi\u00e8rement polie; les radiations infra-rouges peuvent \u00eatre r\u00e9fl\u00e9chies par une plaque de <strong>cuivre<\/strong> l\u00e9g\u00e8rement oxyd\u00e9e; les ondes centim\u00e9triques du radar se r\u00e9fl\u00e9chissent sur une surface m\u00e9tallique non polie. Les ondes d\u00e9cim\u00e9triques se r\u00e9fl\u00e9chissent sur un grillage m\u00e9tallique \u00e0 mailles fines. Les ondes m\u00e9triques se r\u00e9fl\u00e9chissent sur un treillis de barres m\u00e9talliques. Un treillis \u00e0 vastes mailles, fait de c\u00e2bles suspendus \u00e0 des pyl\u00f4nes, ou m\u00eame une rang\u00e9e de pyl\u00f4nes suffit \u00e0 la r\u00e9flexion des ondes d\u00e9cam\u00e9triques ou hectom\u00e9triques. De m\u00eame, il faut la fine structure d&#8217;un r\u00e9seau cristallin pour diffracter les rayons X, tandis qu&#8217;un r\u00e9seau fait de lignes d\u00e9licatement grav\u00e9es \u00e0 la main sur une plaque de m\u00e9tal suffit \u00e0 assurer la diffraction de la lumi\u00e8re visible. Les ondes m\u00e9triques de la t\u00e9l\u00e9vision se diffractent sur les sommets cr\u00e9nel\u00e9s des Sierras, r\u00e9seau naturel \u00e0 vastes mailles. Des propri\u00e9t\u00e9s plus complexes, comme le rapport entre la quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie r\u00e9fl\u00e9chie et la quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie r\u00e9fract\u00e9e pour chaque longueur d&#8217;onde rencontrant un obstacle semi-conducteur, comme la couche de Kennely-Heaviside, \u00e0 structure complexe, peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s au moyen d&#8217;une semblable m\u00e9thode, qui n&#8217;est ni inductive ni d\u00e9ductive. Le mot d&#8217;analogie semble avoir pris un sens p\u00e9joratif dans la pens\u00e9e \u00e9pist\u00e9mologique. On devrait cependant ne point confondre le v\u00e9ritable raisonnement analogique avec la m\u00e9thode toute sophistique qui consiste \u00e0 inf\u00e9rer l&#8217;identit\u00e9 \u00e0 partir des propri\u00e9t\u00e9s de deux \u00eatres qui ont en commun un caract\u00e8re quelconque. Autant la m\u00e9thode de ressemblance peut \u00eatre confuse et peu honn\u00eate, autant la v\u00e9ritable m\u00e9thode analogique est rationnelle. L&#8217;analogie v\u00e9ritable selon la d\u00e9finition du P\u00e8re de Solages est une identit\u00e9 de rapports et non un rapport d&#8217;identit\u00e9. Le progr\u00e8s transductif de la pens\u00e9e consiste bien en effet \u00e0 \u00e9tablir des identit\u00e9s de rapports. Ces identit\u00e9s de rapports ne s&#8217;appuient pas du tout sur des ressemblances, mais au contraire sur des diff\u00e9rences, et elles ont pour but de les expliquer: elles tendent vers la diff\u00e9renciation logique, et en aucune mani\u00e8re vers l&#8217;assimilation ou l&#8217;identification; ainsi, les propri\u00e9t\u00e9s de la lumi\u00e8re paraissent tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celles des ondes hertziennes, m\u00eame dans un cas pr\u00e9cis et limit\u00e9 comme celui de la r\u00e9flexion sur un miroir; un grillage ne r\u00e9fl\u00e9chit pas la lumi\u00e8re et r\u00e9fl\u00e9chit des ondes hertziennes, alors qu&#8217;un petit miroir parfaitement poli r\u00e9fl\u00e9chit bien la lumi\u00e8re et pratiquement pas une onde hertzienne m\u00e9trique ou d\u00e9cam\u00e9trique, \u00e0 plus forte raison hectom\u00e9trique. Rendre compte de ces ressemblances ou de ces diff\u00e9rences, ce sera avoir recours \u00e0 l&#8217;identit\u00e9 de rapports existant entre tous les ph\u00e9nom\u00e8nes de r\u00e9flexion; la quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie est grande quand, sur le trajet de l&#8217;onde \u00e9lectromagn\u00e9tique s&#8217;interpose un obstacle constitu\u00e9 par une substance dont les irr\u00e9gularit\u00e9s sont petites par rapport \u00e0 la longueur d&#8217;onde de l&#8217;\u00e9nergie \u00e9lectromagn\u00e9tique. (Simondon 2005 [1958]:104-7)<\/p>\n<p>SIMONDON, Gilbert. 2005 [1958]. <em>L&#8217;individuation \u00e0 la lumi\u00e8re des notions de forme et d&#8217;information<\/em>. Grenoble: \u00c9ditions J\u00e9r\u00f4me Millon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;une repr\u00e9sentation de la structure comme li\u00e9e \u00e0 la fr\u00e9quence n&#8217;est pas seulement celui d&#8217;un r\u00e9alisme plus grand, mais aussi celui d&#8217;une universalit\u00e9 beaucoup plus vaste, qui \u00e9vite de cr\u00e9er des cat\u00e9gories arbitraires de champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques (ce qui aboutit \u00e0 un substantialisme apparent assez paralysant). La continuit\u00e9 entre les diff\u00e9rentes manifestations de champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques de fr\u00e9quences vari\u00e9es est \u00e9tablie [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":1212,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1495","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1495","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1495"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1495\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1496,"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1495\/revisions\/1496"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1212"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1495"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}