{"id":1484,"date":"2023-03-31T03:27:22","date_gmt":"2023-03-31T03:27:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/?page_id=1484"},"modified":"2023-03-31T03:28:02","modified_gmt":"2023-03-31T03:28:02","slug":"hidrogenio-em-simondon-2005-1958","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/projetos\/a-agencia-social-dos-elementos-quimicos\/levantamentos-da-presenca-de-elementos-quimicos-em-livros\/hidrogenio-em-simondon-2005-1958\/","title":{"rendered":"Hidrog\u00eanio em Simondon (2005 [1958])"},"content":{"rendered":"<p>Peut-\u00eatre cette antinomie para\u00eetrait-elle moins accentu\u00e9e si l&#8217;on pouvait retenir le r\u00e9sultat des analyses pr\u00e9c\u00e9dentes afin de les appliquer \u00e0 ce cas encore plus g\u00e9n\u00e9ral. Nous n&#8217;avons plus ici, comme dans le cas du cristal, la distinction entre une r\u00e9gion discontinue, structur\u00e9e, p\u00e9riodique, et une r\u00e9gion amorphe, continue, support de grandeurs scalaires. Mais nous avons encore, synth\u00e9tis\u00e9es dans le m\u00eame \u00eatre, port\u00e9es par le m\u00eame support, une grandeur structur\u00e9e et une grandeur amorphe, pur potentiel. Le discontinu est dans le mode de relation, qui s&#8217;op\u00e8re par sauts brusques, comme entre un milieu p\u00e9riodique et un milieu amorphe, ou entre deux milieux \u00e0 structure p\u00e9riodique; la structure est ici la plus simple possible, elle est l&#8217;unicit\u00e9 de la particule. Une particule est particule non pas en tant quelle occupe spatialement telle place, mais en tant qu&#8217;elle n&#8217;\u00e9change que quantiquement son \u00e9nergie avec d&#8217;autres supports d&#8217;\u00e9nergie. La discontinuit\u00e9 est une modalit\u00e9 de la relation. Il est possible de saisir ici ce qu&#8217;on nomme deux \u00ab repr\u00e9sentations compl\u00e9mentaires du r\u00e9el \u00bb, et qui sont peut-\u00eatre non seulement compl\u00e9mentaires, mais r\u00e9ellement unes. Cette n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9unir deux notions compl\u00e9mentaires vient peut-\u00eatre de ce que ces deux aspects de l&#8217;\u00eatre individu\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9s par le substantialisme, et que nous avons \u00e0 faire un effort intellectuel pour les r\u00e9unir, \u00e0 cause d&#8217;une certaine habitude imaginative. Qu&#8217;est, pour une particule, le champ associ\u00e9 que nous sommes oblig\u00e9s de lui adjoindre pour rendre compte des ph\u00e9nom\u00e8nes? C&#8217;est la possibilit\u00e9, pour elle, d&#8217;\u00eatre en relation structurale et \u00e9nerg\u00e9tique avec d&#8217;autres particules, m\u00eame si ces particules se comportent comme un continu. Quand une plaque d&#8217;un m\u00e9tal alcalin est \u00e9clair\u00e9e par un faisceau lumineux, il y a relation entre les \u00e9lectrons libres contenus dans le m\u00e9tal et l&#8217;\u00e9nergie lumineuse; ici, les \u00e9lectrons libres se comportent comme des \u00eatres \u00e9quivalents au continu en tant qu&#8217;ils se r\u00e9partissent au hasard dans la plaque, tant qu&#8217;ils ne re\u00e7oivent pas une quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie suffisante pour pouvoir sortir de la plaque ; cette \u00e9nergie con-espond au potentiel de sortie, et varie avec l&#8217;esp\u00e8ce chimique du m\u00e9tal employ\u00e9. Les \u00e9lectrons interviennent ici comme supports d&#8217;une grandeur continue, scalaire, ne correspondant pas \u00e0 un champ polaris\u00e9. Ils sont comme les mol\u00e9cules d&#8217;un corps amorphe en \u00e9tat d&#8217;agitation thermique. Leur place, \u00e0 supposer qu&#8217;ils fussent localisables, n&#8217;aurait pas d&#8217;importance. Il en va de m\u00eame pour les particules de la source de lumi\u00e8re: leur position \u00e0 l&#8217;instant o\u00f9 l&#8217;\u00e9nergie lumineuse a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise ne compte pas. On peut produire l&#8217;effet photo\u00e9lectrique avec la lumi\u00e8re d&#8217;une \u00e9toile qui n&#8217;existe plus. Par contre, les \u00e9lectrons se comportent comme \u00eatres structur\u00e9s en tant qu&#8217;ils sont susceptibles de sortir de la plaque. \u00c0 ce changement de leur relation avec les autres particules qui constituent le milieu m\u00e9tallique correspond une quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie mesurable par un certain nombre de quanta. De m\u00eame, les changements d&#8217;\u00e9tat de chaque particule constituant la source de lumi\u00e8re interviennent dans la relation sous forme de fr\u00e9quence du photon. L&#8217;individualit\u00e9 des changements de structure qui ont eu lieu dans la source se conserve sous forme d&#8217;\u00e9nergie du \u00abphoton\u00bb c&#8217;est-\u00e0-dire sous la forme de la capacit\u00e9 de l&#8217;\u00e9nergie lumineuse \u00e0 op\u00e9rer un changement de structure exigeant une quantit\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e d&#8217;\u00e9nergie en un point pr\u00e9cis. On sait en effet que le seuil de fr\u00e9quence de l&#8217;effet photo\u00e9lectrique correspond \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 pour chaque \u00e9lectron de recevoir une quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie au moins \u00e9gale \u00e0 son \u00e9nergie de sortie. On est conduit \u00e0 poser la notion de \u00ab photon\u00bb pour expliquer non seulement cette r\u00e8gle du seuil de fr\u00e9quence, mais aussi le fait tr\u00e8s important de la r\u00e9partition ou plut\u00f4t de la disponibilit\u00e9 de l&#8217;\u00e9nergie lumineuse en chacun des points de la plaque \u00e9clair\u00e9e: il n&#8217;y a pas de seuil d&#8217;intensit\u00e9 : or, si l&#8217;\u00e9lectron se comporte comme particule en ce sens que chaque \u00e9lectron n\u00e9cessite l&#8217;apport d&#8217;une quantit\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e d&#8217;\u00e9nergie pour sortir de la plaque, on pourrait penser qu&#8217;il se comportera comme particule aussi en ce sens qu&#8217;il recevra une quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie lumineuse proportionnelle \u00e0 l&#8217;ouverture de l&#8217;angle sous lequel il est vu de la source de lumi\u00e8re (selon la loi du flux). C&#8217;est pourtant ce que l&#8217;exp\u00e9rience d\u00e9ment; quand la quantit\u00e9 de lumi\u00e8re re\u00e7ue par la plaque sur chaque unit\u00e9 de surface d\u00e9cro\u00eet, il devrait arriver un moment o\u00f9 la quantit\u00e9 de lumi\u00e8re serait trop faible pour que chaque \u00e9lectron re\u00e7oive une quantit\u00e9 de lumi\u00e8re \u00e9quivalant \u00e0 son \u00e9nergie de sortie. Or, ce moment n&#8217;arrive pas; seul le nombre d&#8217;\u00e9lectrons extraits par unit\u00e9 de temps diminue proportionnellement \u00e0 la quantit\u00e9 de lumi\u00e8re. Toute l&#8217;\u00e9nergie re\u00e7ue par la plaque de m\u00e9tal alcalin agit sur cette particule 50 000 fois plus petite que l&#8217;atome <strong>d&#8217;hydrog\u00e8ne<\/strong>. C&#8217;est par l\u00e0 qu&#8217;on est conduit \u00e0 consid\u00e9rer que toute l&#8217;\u00e9nergie v\u00e9hicul\u00e9e par l&#8217;onde lumineuse est concentr\u00e9e en un point, comme s&#8217;il y avait un corpuscule de lumi\u00e8re. (Simondon 2005 [1958]:100-1)<\/p>\n<p>SIMONDON, Gilbert. 2005 [1958]. <em>L&#8217;individuation \u00e0 la lumi\u00e8re des notions de forme et d&#8217;information<\/em>. Grenoble: \u00c9ditions J\u00e9r\u00f4me Millon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-\u00eatre cette antinomie para\u00eetrait-elle moins accentu\u00e9e si l&#8217;on pouvait retenir le r\u00e9sultat des analyses pr\u00e9c\u00e9dentes afin de les appliquer \u00e0 ce cas encore plus g\u00e9n\u00e9ral. Nous n&#8217;avons plus ici, comme dans le cas du cristal, la distinction entre une r\u00e9gion discontinue, structur\u00e9e, p\u00e9riodique, et une r\u00e9gion amorphe, continue, support de grandeurs scalaires. 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