{"id":1473,"date":"2023-03-31T03:14:53","date_gmt":"2023-03-31T03:14:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/?page_id=1473"},"modified":"2023-03-31T03:14:53","modified_gmt":"2023-03-31T03:14:53","slug":"enxofre-em-simondon-2005-1958","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.laspa.slg.br\/en\/projetos\/a-agencia-social-dos-elementos-quimicos\/levantamentos-da-presenca-de-elementos-quimicos-em-livros\/enxofre-em-simondon-2005-1958\/","title":{"rendered":"Enxofre em Simondon (2005 [1958])"},"content":{"rendered":"<p>Nous allons nous efforcer de montrer la validit\u00e9 de la notion d&#8217;\u00e9nergie potentielle structurale en l&#8217;employant comme instrument pour \u00e9tudier des cas o\u00f9 la notion d&#8217;individuation physique est d&#8217;un usage tr\u00e8s d\u00e9licat, et qui constituent pourtant un exemple liminaire tr\u00e8s remarquable: les formes allotropiques cristallines d&#8217;une m\u00eame substance. Il sera en effet possible de saisir dans un cas semblable l&#8217;individuation au niveau le plus primitif, mais aussi le plus exempt de toute inf\u00e9rence logique inessentielle. S&#8217;il est possible de d\u00e9terminer des caract\u00e8res de l&#8217;individuation \u00e0 ce niveau, ces caract\u00e8res seront ant\u00e9rieurs \u00e0 toute id\u00e9e de substance (puisqu&#8217;il s&#8217;agit du m\u00eame corps), de qualit\u00e9, et de quiddit\u00e9. Or, si nous prenons par exemple une \u00e9tude de la cristallisation du <strong>soufre<\/strong>, nous voyons qu&#8217;il peut exister \u00e0 l&#8217;\u00e9tat solide, sous plusieurs formes allotropiques dont les deux principales sont : le <strong>soufre<\/strong> cristallis\u00e9 dans le syst\u00e8me orthorhombique (<strong>soufre<\/strong> octa\u00e9drique), et le <strong>soufre<\/strong> cristallis\u00e9 dans le syst\u00e8me monoclinique (<strong>soufre<\/strong> prismatique). \u00c0 la temp\u00e9rature ordinaire, le <strong>soufre<\/strong> octa\u00e9drique est dans un \u00e9tat stable ; on rencontre dans certains terrains tertiaires des cristaux octa\u00e9driques de <strong>soufre<\/strong> naturel ; ceux que nous pr\u00e9parons restent limpides de fa\u00e7on ind\u00e9finie. Au contraire, la forme prismatique est m\u00e9tastable par rapport \u00e0 la forme octa\u00e9drique ; un cristal de cette forme, limpide quand il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment pr\u00e9par\u00e9, devient opaque quand on l&#8217;abandonne \u00e0 lui-m\u00eame; le cristal garde sa forme ext\u00e9rieure, mais un examen microscopique r\u00e9v\u00e8le qu&#8217;il s&#8217;est fragment\u00e9 en une mosa\u00efque de cristaux octa\u00e9driques juxtapos\u00e9s [On doit noter que la formation de nouveaux cristaux \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du cristal prismatique se fait \u00e0 une \u00e9chelle plus petite que celle du cristal prismatique, jouant le r\u00f4le de milieu primitif, de syst\u00e8me encadrant, rec\u00e9lant en son \u00e9tat structural les conditions formelles du devenir. La forme est ici structure macrophysique du syst\u00e8me en tant qu&#8217;elle conditionne \u00e9nerg\u00e9tiquement les transformations ult\u00e9rieures.], d&#8217;o\u00f9 r\u00e9sulte l&#8217;opacit\u00e9 observ\u00e9e. On nomme surfusion cristalline l&#8217;\u00e9tat m\u00e9tastable du <strong>soufre<\/strong> prismatique. Cette relation entre les \u00e9tats cristallins prismatique et octa\u00e9drique existe pour les temp\u00e9ratures inf\u00e9rieures \u00e0 95,4\u00b0, mais se renverse \u00e0 partir de 95,4\u00b0 jusqu&#8217;\u00e0 115\u00b0, temp\u00e9rature de fusion. En effet, dans ce dernier intervalle, c&#8217;est le <strong>soufre<\/strong> prismatique qui est en \u00e9quilibre stable, et le <strong>soufre<\/strong> octa\u00e9drique en \u00e9quilibre m\u00e9tastable. Sous la pression atmosph\u00e9rique, 95,4\u00b0 est la temp\u00e9rature d&#8217;\u00e9quilibre entre ces deux vari\u00e9t\u00e9s cristallines. (Simondon 2005 [1958]:75-6)<\/p>\n<p>On peut d\u00e8s lors se demander en quoi consiste l&#8217;individualit\u00e9 de chacune de ces deux formes. \u00c0 quoi tient la stabilit\u00e9 de ces formes, qui fait qu&#8217;elles peuvent exister l&#8217;une et l&#8217;autre \u00e0 une temp\u00e9rature d\u00e9termin\u00e9e? Lorsque l&#8217;une ou l&#8217;autre de ces deux formes se trouve en \u00e9tat de m\u00e9tastabilit\u00e9, elle a besoin, pour se transformer en l&#8217;autre forme stable, d&#8217;un germe, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;un point de d\u00e9part pour la cristallisation sous la forme stable. Tout se passe comme si l&#8217;\u00e9quilibre m\u00e9tastable ne pouvait \u00eatre rompu que par l&#8217;apport local d&#8217;une singularit\u00e9 contenue dans un germe cristallin et capable de rompre cet \u00e9quilibre m\u00e9tastable ; une fois amorc\u00e9e, la transformation se propage, car l&#8217;action qui s&#8217;est exerc\u00e9e au d\u00e9but entre le germe cristallin et le corps m\u00e9tastable s&#8217;exerce ensuite de proche en proche entre les parties d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9es et les parties non encore transform\u00e9es [Cette propagation de proche en proche constitue le mode le plus primitif et le plus fondamental de l&#8217;amplification, la transduction amplifiante, qui emprunte son \u00e9nergie au milieu o\u00f9 a lieu la propagation.]. Les physiciens emploient d&#8217;ordinaire un mot emprunt\u00e9 au vocabulaire biologique pour d\u00e9signer l&#8217;action d&#8217;apporter un germe: ils disent qu&#8217;on ensemence la substance au moyen d&#8217;un germe cristallin. Une exp\u00e9rience particuli\u00e8rement d\u00e9monstrative consiste \u00e0 mettre dans un tube en U du <strong>soufre<\/strong> surfondu, puis \u00e0 ensemencer chacune des branches du tube en U au moyen d&#8217;un germe cristallin qui est, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, octa\u00e9drique, et de l&#8217;autre, prismatique ; le <strong>soufre<\/strong> contenu dans chaque branche du tube se cristallise alors selon le syst\u00e8me cristallin d\u00e9termin\u00e9 par le germe d\u00e9pos\u00e9; dans la partie m\u00e9diane du tube les deux formes allotropiques du <strong>soufre<\/strong> cristallis\u00e9 sont donc en contact parfait. Deux cas sont alors possibles selon la temp\u00e9rature: si la temp\u00e9rature est inf\u00e9rieure \u00e0 95,4\u00b0, le <strong>soufre<\/strong> reste transparent dans la branche contenant la vari\u00e9t\u00e9 octa\u00e9drique, alors qu&#8217;il devient opaque dans la branche contenant la vari\u00e9t\u00e9 prismatique. L&#8217;opacit\u00e9 commence \u00e0 se manifester au contact de ces deux vari\u00e9t\u00e9s allotropiques et elle se propage de proche en proche jusqu&#8217;\u00e0 envahir toute la branche contenant le <strong>soufre<\/strong> prismatique. Si la temp\u00e9rature est, au contraire, maintenue entre 95,4\u00b0 et 115\u00b0, le sens de la transformation est invers\u00e9: la branche contenant le <strong>soufre<\/strong> prismatique reste transparente, et la branche contenant le <strong>soufre<\/strong> octa\u00e9drique devient opaque, \u00e0 partir de la ligne de contact entre les deux vari\u00e9t\u00e9s cristallines. Enfin, \u00e0 la temp\u00e9rature de 95,4\u00b0, la vitesse de propagation de ces transformations est nulle. Il existe donc une temp\u00e9rature d&#8217;\u00e9quilibre entre ces deux vari\u00e9t\u00e9s cristallines. Cette exp\u00e9rience consiste \u00e0 cr\u00e9er en quelque mani\u00e8re une comp\u00e9tition entre deux syst\u00e8mes de cristallisation pour une quantit\u00e9 finie de substance. Pour toute temp\u00e9rature autre que la temp\u00e9rature d&#8217;\u00e9quilibre (et inf\u00e9rieure \u00e0 la temp\u00e9rature de fusion du <strong>soufre<\/strong> octa\u00e9drique), une des formes occupe toute la substance cristallisable, et l&#8217;autre dispara\u00eet enti\u00e8rement [La temp\u00e9rature impos\u00e9e fait partie des conditions formelles de chaque sous-ensemble du syst\u00e8me, d\u00e9finissant en chacun la pr\u00e9sence ou l&#8217;absence, et le degr\u00e9, d&#8217;une \u00e9nergie potentielle.]. (Simondon 2005 [1958]:76-7)<\/p>\n<p>L&#8217;habitude qui nous porte \u00e0 penser selon les genres communs, les diff\u00e9rences sp\u00e9cifiques, et les caract\u00e8res propres, est si forte que nous ne pouvons pas \u00e9viter d&#8217;user de termes qui impliquent une classification naturelle implicite; cette r\u00e9serve faite, si l&#8217;on consent \u00e0 enlever au mot de propri\u00e9t\u00e9 le sens qu&#8217;il prend dans un classement naturel, nous dirons que, selon l&#8217;analyse pr\u00e9c\u00e9dente, les propri\u00e9t\u00e9s d&#8217;un individu cristallin expriment et actualisent en la prolongeant la polarit\u00e9 ou le faisceau de polarit\u00e9s qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 sa gen\u00e8se. Un cristal, mati\u00e8re structur\u00e9e, peut devenir \u00eatre structurant; il est \u00e0 la fois cons\u00e9quence et cause de cette polarisation de la mati\u00e8re sans laquelle il n&#8217;existerait pas. Sa structure est une structure re\u00e7ue, car il a fallu un germe; mais le germe n&#8217;est pas substantiellement distinct du cristal; il reste inclus dans le cristal, qui  devient comme un germe plus vaste. Ici, le soma est coextensible au germen, et le germen au soma. Le germen devient soma; sa fonction est coextensive \u00e0 la limite du cristal qui se d\u00e9veloppe. Ce pouvoir de structurer un milieu amorphe est en quelque mani\u00e8re une propri\u00e9t\u00e9 de la limite du cristal [La relation entre le germe et la substance amorphe est un processus d&#8217;information du syst\u00e8me. ] ; elle exige la dyssym\u00e9trie entre l&#8217;\u00e9tat int\u00e9rieur du cristal et l&#8217;\u00e9tat de son milieu. Les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiques d&#8217;un cristal se manifestent \u00e9minemment \u00e0 sa surface; ce sont des propri\u00e9t\u00e9s de limite. On ne peut donc, si l&#8217;on veut \u00eatre rigoureux, les nommer des \u00ab propri\u00e9t\u00e9s du cristal\u00bb ; elles sont plut\u00f4t des modalit\u00e9s de la relation entre le cristal et le corps amorphe. C&#8217;est parce que le cristal est perp\u00e9tuellement inachev\u00e9, en \u00e9tat de gen\u00e8se maintenue en suspens, qu&#8217;il poss\u00e8de ce qu&#8217;on nomme singuli\u00e8rement des \u00ab propri\u00e9t\u00e9s\u00bb ; ces propri\u00e9t\u00e9s sont en fait le permanent d\u00e9s\u00e9quilibre qui se manifeste par des relations avec les champs polaris\u00e9s ou par la cr\u00e9ation, \u00e0 la limite du cristal et autour de lui, d&#8217;un champ ayant une polarit\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e par la structure du cristal. En g\u00e9n\u00e9ralisant les lois de Curie, on trouverait qu&#8217;une substance purement amorphe ne cr\u00e9erait pas de champs polaris\u00e9s, si elle n&#8217;\u00e9tait rendue anisotrope par des conditions particuli\u00e8res polarisantes, comme une compression selon une direction d\u00e9termin\u00e9e, ou un champ magn\u00e9tique [La saturation d&#8217;une solution cr\u00e9e peut-\u00eatre, au niveau microphysique, une polarit\u00e9 rendant la substance amorphe sensible \u00e0 l&#8217;action du germe cristallin. La sursaturation est en effet une contrainte physico-chimique, cr\u00e9ant une m\u00e9tastabilit\u00e9.]. Une singularit\u00e9 est polaris\u00e9e. Les v\u00e9ritables propri\u00e9t\u00e9s de l&#8217;individu sont au niveau de sa gen\u00e8se, et, pour cette raison m\u00eame, au niveau de sa relation avec les autres \u00eatres, car, si l&#8217;individu est l&#8217;\u00eatre toujours capable de continuer sa gen\u00e8se, c&#8217;est dans sa relation aux autres \u00eatres que r\u00e9side ce dynamisme g\u00e9n\u00e9tique. L&#8217;op\u00e9ration ontog\u00e9n\u00e9tique d&#8217;individuation du cristal s&#8217;accomplit \u00e0 sa surface. Les couches int\u00e9rieures repr\u00e9sentent une activit\u00e9 pass\u00e9e, mais ce sont les couches superficielles qui sont d\u00e9positaires de ce pouvoir de faire cro\u00eetre, en tant qu&#8217;elles sont en relation avec une substance structurable. C&#8217;est la limite de l&#8217;individu qui est au pr\u00e9sent; c&#8217;est elle qui manifeste son dynamisme, et qui fait exister cette relation entre structure et situation hyl\u00e9morphique. Un \u00eatre totalement sym\u00e9trique en lui-m\u00eame, et sym\u00e9trique par rapport aux \u00eatres qui le limiteraient, serait neutre et sans propri\u00e9t\u00e9s. Les propri\u00e9t\u00e9s ne sont pas substantielles mais relationnelles; elles n&#8217;existent que par l&#8217;interruption d&#8217;un devenir. La temporalit\u00e9, en tant qu&#8217;elle exprime ou constitue le mod\u00e8le le plus parfait de l&#8217;asym\u00e9trie (le pr\u00e9sent n&#8217;est pas sym\u00e9trique du pass\u00e9, parce que le sens de parcours est irr\u00e9versible) se trouve n\u00e9cessaire \u00e0 l&#8217;existence de l&#8217;individu. Peut-\u00eatre d&#8217;ailleurs y a-t-il r\u00e9versibilit\u00e9 parfaite entre individuation et temporalit\u00e9, le temps \u00e9tant toujours le temps d&#8217;une relation, qui ne peut exister qu&#8217;\u00e0 la limite d&#8217;un individu. Selon cette doctrine on pourrait dire que le temps est relation, et qu&#8217;il n&#8217;y a de v\u00e9ritable relation qu&#8217;asym\u00e9trique. Le temps physique existe comme relation entre un terme amorphe et un terme structur\u00e9, le premier \u00e9tant porteur d&#8217;\u00e9nergie potentielle, et le second, d&#8217;une structure asym\u00e9trique. Il r\u00e9sulte \u00e9galement de cette mani\u00e8re de voir que toute structure est \u00e0 la fois structurante et structur\u00e9e; on peut la saisir sous son double aspect lorsqu&#8217;elle se manifeste dans le pr\u00e9sent de la relation, entre un \u00e9tat potentialis\u00e9 amorphe et une substance structur\u00e9e au pass\u00e9. D\u00e8s lors, la relation entre l&#8217;avenir et le pass\u00e9 serait celle-l\u00e0 m\u00eame que nous saisissons entre le milieu amorphe et le cristal ; le pr\u00e9sent, relation entre l&#8217;avenir et le pass\u00e9, est comme la limite asym\u00e9trique, polarisante, entre le cristal et le milieu amorphe. Cette limite ne peut \u00eatre saisie ni comme potentiel ni comme structure; elle n&#8217;est pas int\u00e9rieure au cristal, mais elle ne fait pas partie non plus du milieu amorphe. Pourtant, en un autre sens, elle est partie int\u00e9grante de l&#8217;un et de l&#8217;autre des deux termes, car elle est pourvue de toutes leurs propri\u00e9t\u00e9s. Les deux aspects pr\u00e9c\u00e9dents, \u00e0 savoir l&#8217;appartenance et la non-appartenance de la limite aux termes limit\u00e9s, qui s&#8217;opposent comme la th\u00e8se et l&#8217;antith\u00e8se d&#8217;une triade dialectique, resteraient artificiellement distingu\u00e9s et oppos\u00e9s sans leur caract\u00e8re de principe constitutif: cette relation dyssym\u00e9trique est, en effet, le principe de la gen\u00e8se du cristal, et la dyssym\u00e9trie se perp\u00e9tue tout au long de la gen\u00e8se; de l\u00e0 r\u00e9sulte le caract\u00e8re d&#8217;ind\u00e9finit\u00e9 de la croissance du cristal; le devenir ne s&#8217;oppose pas \u00e0 l&#8217;\u00eatre; il est relation constitutive de l&#8217;\u00eatre en tant qu&#8217;individu. Nous pouvons dire par cons\u00e9quent que l&#8217;individu physico-chimique constitu\u00e9 par un cristal est en devenir, en tant qu&#8217;individu. Et c&#8217;est bien \u00e0 cette \u00e9chelle moyenne &#8211; entre l&#8217;ensemble et la mol\u00e9cule que le v\u00e9ritable individu physique existe. Certes, on peut dire, en un sens d\u00e9riv\u00e9, que telle ou telle masse de <strong>soufre<\/strong> est individualis\u00e9e par le fait qu&#8217;elle se pr\u00e9sente sous une forme allotropique d\u00e9termin\u00e9e. Mais cet \u00e9tat d\u00e9termin\u00e9 de l&#8217;ensemble global ne fait qu&#8217;exprimer au niveau macroscopique la r\u00e9alit\u00e9 sous-jacente et plus fondamentale de l&#8217; existence, dans la masse, d&#8217;individus r\u00e9els poss\u00e9dant une communaut\u00e9 d&#8217;origine. Le caract\u00e8re individualis\u00e9 de l&#8217;ensemble n&#8217;est que l&#8217;expression statistique de l&#8217;existence d&#8217;un certain nombre d&#8217;individus r\u00e9els. Si un ensemble renferme un grand nombre d&#8217;individus physiques d&#8217;origines diverses et de structures diff\u00e9rentes, il est un m\u00e9lange et reste faiblement individualis\u00e9. Le v\u00e9ritable support de l&#8217;individualit\u00e9 physique est bien l&#8217;op\u00e9ration d&#8217;individuation \u00e9l\u00e9mentaire, m\u00eame si elle n&#8217;appara\u00eet qu&#8217;indirectement au niveau de l&#8217;observation. (Simondon 2005 [1958]:87-9)<\/p>\n<p>SIMONDON, Gilbert. 2005 [1958]. <em>L&#8217;individuation \u00e0 la lumi\u00e8re des notions de forme et d&#8217;information<\/em>. Grenoble: \u00c9ditions J\u00e9r\u00f4me Millon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous allons nous efforcer de montrer la validit\u00e9 de la notion d&#8217;\u00e9nergie potentielle structurale en l&#8217;employant comme instrument pour \u00e9tudier des cas o\u00f9 la notion d&#8217;individuation physique est d&#8217;un usage tr\u00e8s d\u00e9licat, et qui constituent pourtant un exemple liminaire tr\u00e8s remarquable: les formes allotropiques cristallines d&#8217;une m\u00eame substance. 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